ILES MARQUISES

Publié le par Echasse





"Quant aux échassiers polynésiens ils ont été observés par le capitaine Marchan, à Santa Christina, une des ïles Marquises, en 1791. Le capitaine Marchand donne sur la raison d'être d'échasses à Santa Christina une explication semblable à celle de M. Rousseau sur la raison d'être d'échasses à Namur : "Le soin qu'ils prennent d'établir leurs cases sur des plates-formes de pierre, a déjà indiqué que leur île doit être exposée à des inondations, et l'emploi qu'ils font des échasses confirme cette opinion. Ces échasses auxquelles les voyageurs anglais paraissent n'avoir pas fait attention sont disposées d'une manière qui annonce que les inondations ne sont pas régulières et varient dans leurs hauteurs. (...)
Pour cet effet, chaque échasse est composée de deux pièces : un marche-pied et une perche. Le marche-pied est mobile et sa position est fixée en fonction de la hauteurs des eaux. Il est fixé à la perche par des tresse en noix de coco.
Les naturels de Santa Christina se servent très adroitement de leurs échasses et le disputeraient,à la course, à nos pâtres les plus exercés à arpenter avec les leurs les landes de Bordeaux. Le soin que prennent les premiers d'orner de sculptures celles qu'ils ont inventées peut prouver qu'ils y attachent un grand prix, car ce travail, fait sur un bois très dur, avec l'espèce d'outils qu'ils emploient, doit exiger de leur part beaucoup de peine et un temps considérable.
On les voit d'ailleurs occupés de s'entretenir dans l'habitude de marcher avec des échasses. Cet exercice entre dans leurs jeux et fait partie de leur gymnastique
."
Comme la fonction crée l'organe, c'est la nature du sol dans les landes de Gascogne, en Wallonie et en Polynésie qui a provoqué l'échasse."


Extrait de "Les Echassiers sportifs"




"Les divertissements : on ne peut en parler sans rappeler qu'à la source il y avait souvent une fête funéraire, une commémoration religieuse..., comme pour ces compétitions sur les places (tohua) qui faisaient s'affronter les champions des vallées à la lutte, aux combats d'échasse, à la course..., autour de danses ou même d'échanges oratoires autour de grands récits légendaires.

Les échasses, (tapu va'e ou va'e ake), étaient un jeu, ou un sport, pratiqué en Polynésie orientale par les enfants et les jeunes adultes, mais l'utilisation d'échasses à manches décorés et étriers sculptés de tikis, dont la pose lançait parfois un défi direct à l'adversaire en lui présentant le postérieur, était une particularité des îles Marquises ; les hommes s'affrontaient jusqu'à ne plus tenir que sur une seule échasse lors de fêtes funéraires."

 

Extrait de "Les Iles Marquises" de Pierre Ottino et Marie-Noëlle De Bergh-Ottino

Compétition d'échasses

« Langsdorff rapporte déjà qu’on faisait des compétitions de course sur échasse lors des fêtes publiques. On essayait de se mettre en travers du chemin du concurrent et, en équilibre sur une échasse, de le faire tomber avec l’autre pendant la course. « Celui qui a été envoyé à terre devient l’objet de la risée et de la moquerie générale».

K Von Den Steinen (Tome II) écrit : “J’ai obtenu les renseignements suivants quant aux détails de la compétition. Entre deux coureurs, l’un essaie de frapper avec une de ses échasses, une des échasses de l’autre et de la balayer afin que l’adversaire fasse une chute. On ne doit pas attaquer directement mais en arc de cercle par côté. En outre, quand on est assez près, on doit reculer un peu puis frapper. (…). Dans les temps anciens, les villages se défiaient mutuellement à cette compétition. Alors, il pouvait y avoir plusieurs rangées d’adversaires qui s’attaquaient en même temps. Dans la légende de Pohu est décrit un combat singulier. Shillibeer remarque que les sculptures de tiki sont sacrées, et dédiées aux dieux, et traite en particulier des échasses. «On est assez superstitieux pour croire qu’on soit protégé des blessures en s’appuyant sur ces figurines. Et si on vient par hasard à trébucher, il est rare qu’on vive longtemps après cela». Dordillon indique «vaeake» comme dieu du marcheur sur échasse (vae = pied ; ake = sorte d’arbre très dur). J’ai noté vaeake comme étant le nom d’une échasse très haute où le marchepied se trouvait à hauteur de tête, et qu’on utilisait à Nuku Hiva. La perche s’appelait «toko» (étai), le repose-pied “tapuvae (= plante du pied) toko”. in Karl von den Steinen, (1855-1929)  Première traduction française  « Les Marquisiens et leur art : l’ornementation primitive des mers du Sud (vol. 2) Plastique », Papeete, 2005 »














Une photo d'échasses prise récemment...
Apparemment la tradition se perpétue...


photo tirée de tahitinui.blog.lemonde.fr




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