Si le théâtre de rue existe depuis très longtemps (dans le fait même de jouer
dans la rue), ce type de théâtre a véritablement connu son renouveau - et le début de sa "reconnaissance" en tant que tel, dans les années 70.
Né d'une volonté contestataire, d'aller à la rencontre du public et de faire sortir le théâtre des salles (à
l'image du Living Theatre qui jouent dans la rue lors du festival d'Avignon en 68), le théâtre de rue cherche à bousculer les
formes et à créer la surprise....
Les échasses ont rapidement été un des éléments, un des outils pour faire du théâtre autrement. L'un des premiers à utiliser cette technique est sans
doute Pascal Laurent, qui va monter des spectales en solo, joués dans les rues de Paris, avant de créer la compagnie Friche Théâtre Urbain.
Depuis l'engouement n'a cesser pour cette technique, aussi bien par cette possibllité d'évoluer "au-dessus du public" et de faire des échasses "une scène en
mouvement", que par les possibilités qu'elles offrent au niveau visuel - les échasses étant de surcroit une technique facile à apprendre.
Cette facilité a provoqué la création d'un nombre important de compagnies (130 compagnies recensées en 2009 sur le site de
Hors Les murs) - avec des qualités de spectacles plus ou moins inégales...
Trois grands axes de travail autour des échasses.
Le premier s'appuie sur un travail de comédien (qui utilise les échasses pour "élever" un personnage). On y retrouve des compagnies comme
Friche Théâtre Urbain,
Bonheur Intérieur Brut...
Associé à des performances techniques, ce travail de personnage peut donner naissance à des spectacles comme ceux des
3 points
de suspension (acrobaties) ou de
Bulles de Zinc ("cascade")...
Le second privilégie l'aspect chorégraphique et dansé, avec des compagnies comme
Bonheur Intérieur
Brut,
Skakkja... et beacoup de troupes étrangères notamment d'Afrique.
La troisième va privilégier le côté visuel et le costume. Souvent présentés en déambulatoire, c'est dans dans ce type de spectacle que l'on retrouve le plus grand nombre de
compagnies... Certaines avec une ingéniosité et une qualité qui font penser à ceux utilisés au cinéma (
Tal'harn), d'autres avec moins de succès...
Et il y a le contrepoint aux échasses, son penchant paradoxal : la Cie Off qui les utilisent sans pour autant aimer le travail des échassiers. Les échassiers n'existent que
par leurs jambes, celles qui vont donner de la vie à ces structures de fer que sont
Les
girafes...
Aujourd'hui, avec
l'évolution du matériel (air comprimé, lames à ressorts...), le travail sur échasses
risque d'évoluer fortement au bénéfice de spectacles plus acrobatiques...
Emmanuel Lambert